Chers amis,
En ce jour, j’ai choisi de m’adresser à vous, et à travers vous, à tout notre peuple pour annoncer mon intention de briguer la magistrature suprême à l’occasion des élections générales de 2011.
Je ne doute pas qu’à la lecture de l’intitulé, d’aucuns s’exclament : « une candidature de plus ! », et comme vous, témoin dans ma chair du déclin continu de notre pays depuis des décennies, je ne puis que comprendre cette réaction, l’ayant moi-même manifestée à plusieurs reprises. Il nous faut cependant nous rendre à l’évidence que l’on n’a pas beaucoup de chance de changer une situation uniquement par l’expression du mécontentement et la désignation des coupables et des boucs émissaires.
Agé aujourd’hui de quarante-huit ans, je suis de la génération de ceux dont les yeux se sont ouverts à la politique lors de la restitution du pluralisme politique en 1990 par le Président Mobutu, en grande partie grâce à l’opposition d’Etienne Tshisekedi et à ses compagnons. Dans la foulée, nous avons été le spectateur très intéressé et très studieux des péripéties de la Conférence nationale souveraine, sous la houlette de Mgr Laurent Monsengwo. Ici est l’occasion pour nous de rendre hommage à ces deux monuments dont l’action ne peut être appréciée à sa juste valeur si l’on ne tient compte des pièges à retardement de l’équation congolaise, pièges qui remontent à l’époque de traite esclavagiste, en passant par la Conférence de Berlin et la colonisation. En effet, ce ne fut pas de gaieté de cœur que ce pays riche, qui avait fait la richesse des autres, fut rendu à ses fils en 1960. Depuis lors, le Congo n’a jamais été le Congo des Congolais mais le Congo des autres, par kapita médaillés interposés. Il nous a fallu du temps pour nous rendre compte que remettre sur rails cette grosse machine était une mission impossible dans l’espace du temps que notre euphorie du moment nous avait fait estimer, à tort, à quelques mois.
En 1997, nous avons été témoins de l’entrée de l’AFDL et de Laurent-Désiré Kabila. A cette époque, alors que nous étions journaliste, au contraire de la majorité de nos populations qui ne juraient que par « Mobutu doit partir à n’importe quel prix », nous attirions l’attention sur ce cheval de Troie. Dans les valises de l’AFDL libératrice il y avait l’occupation rwandaise, partie émergente d’un trafic maffieux international qui a fait du Congo un no man’s land. Laurent-Désiré Kabila, quoique pas irréprochable, a eu le mérite de relever le front et tomber en héros pour l’honneur du Congo. Nous saluons sa mémoire avec reconnaissance.
Entre 1990 et 2000, notre esprit a eu suffisamment de temps et de matière pour exercer son sens critique et faire de la prospective. Nous avons commencé à percevoir les limites de la classe politique et les faiblesses de l’élite du Congo. C’est alors que le sens de l’engagement politique a éclos en nous, tout d’abord dans une aurore de citoyenneté agissante, et plus tard, donc aujourd’hui, sous la forme d’un appel irrésistible de la conscience sous le drapeau : nous avons un message à donner.
Chers compatriotes, notre message c’est qu’il est temps de tourner une page jaunie de cinquante ans de tempête. Il est temps de faire la politique autrement, non seulement en paroles mais dans les faits. Il est temps d’entrer dans un nouvel âge. Il est temps de prendre de l’audace. Quatre siècles après l’arrivé du Portugais, cent vingt ans après le partage de Berlin et cinquante après le départ du colonisateur belge, nous n’avons plus l’excuse de la décolonisation piégée, même si celle-ci est un fait. Nous n’avons pas non plus l’excuse de la foi aveugle et sans intelligence du désespéré en un libérateur infaillible, comme en 1990. Vingt ans de « démocratie », quoique titubante, et le développement d’une forte diaspora congolaise et l’avènement de l’éducation pour tous via les nouvelles technologies de communication sont incompatibles avec la pérennisation d’un système politique dont la nocivité n’est plus à démonter. Nous pouvons l’apprécier aujourd’hui non seulement par la situation économique et sociale du pays, mais aussi par la santé des partis et la classe politique, tant du pouvoir que de l’opposition. Ceci indique bien que l’alternance ne sera pas qu’une fausse solution, une illusion, déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul. Ce dont le Congo a besoin, c’est d’une révolution, l’avènement d’un vin nouveau. Quels en sont les ingrédients ? En voici :
Primo, la réconciliation nationale. Il nous faut nous rappeler que chaque fois que nous nous battons entre nous, quelle qu’en soit la raison, il y a des gens qui se frottent les mains quelque part, les adeptes du « diviser pour régner ». Ceux qui ont dirigé et ceux qui se sont opposés hier, ceux qui dirigent et ceux qui s’opposent aujourd’hui, tous sommes les « Shegué » de la République, des enfants qui n’ont pas reçu la préparation nécessaire pour assumer de manière convenable les responsabilités politiques. Même si on peut le blâmer pour des faits, il faut reconnaître qu’au fonds, un shegué est toujours plus à plaindre qu’à blâmer. Nous prônons le changement de la classe dirigeante et de la classe politique en général sans un esprit de vengeance, mais sans non plus renoncer à la manifestation de la vérité et à l’exercice de la justice.
Secundo, la décolonisation effective. Avons-nous jamais été indépendants ? Quand tout politicien et tout candidat président de la république fait la tournée des chancelleries à Kinshasa et celle des ministères des affaires étrangères en Europe et en Amérique pour y recevoir sa « nomination », quel Congo aurons-nous, sinon le Congo des autres ? Quand le financement de nos campagnes électorales et des élections, voire le budget de fonctionnement de notre gouvernement proviennent de la « Communauté internationale », comme on dit, quelle garantie pouvons-nous donner que nous ferons la politique du Congo et non celle des autres ? Dire comme d’aucuns le disent que l’on ne peut diriger le Congo sans l’aval de la Belgique, ou de la France, ou des USA, est tout simplement inadmissible. C’est une abdication devant une suggestion mentale qui n’a de force que celle que notre propre faiblesse mentale lui cède. Les relations que nous devons avoir avec les anciennes dominations doivent être des relations nouvelles, faites de négociations dures mais respectueuses. La « communauté internationale » sait qu’elle a beaucoup à gagner d’un Congo stable, bien géré, où les droits de l’homme sont respectés, où le climat des affaires est propice.
Tertio, le professionnalisme. A tous niveaux, il faut placer des bons gestionnaires, et mettre les acteurs du développement dans de bonnes conditions de travail. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Le sacre récent, pour la deuxième année de suite, du TP Mazembe, doit être une leçon pour nous tous. Ne voila-t-il pas les mêmes joueurs que nous avons vu à Kisantu, à Kisenso, mangeurs de mpiodi sans lopele et de kwanga de ntotila, qui ont réalisé le miracle de rabattre le caquet à tous les grands d’Afrique ! Qu’a-t-il fallu pour cela ? Le management d’un président consciencieux, et le respect du travailleur. Nous saisissons l’occasion pour féliciter très sincèrement son président, M. Moïse Katumbi. Imaginons maintenant l’enseignant, l’infirmier, le journaliste, le commerçant congolais, placé dans de bonnes conditions … le miracle de Mazembe peut se généraliser. Le peuple congolais a de la ressource.
Chers camarades,
La campagne n’a pas encore commencé et ceci n’est pas une communication officielle. J’ai tenu à partager avec vous cette ambition pour laquelle « j’irai jusqu’au bout » (je n’ai triché personne, svp). Il ne s’agit pas d’une simple réflexion, ni d’une ambition folle sortie de nulle part ; c’st un projet sur lequel nous travaillons avec beaucoup d’amis et au pays, et cette fois nous irons jusqu’au bout ! De nombreuses questions, sur les choix philosophiques et idéologiques, les alliances, la pertinence et la crédibilité du processus électoral, le financement, le projet de société … n’ont pas et ne pouvaient pas être abordées en un seul exposé. Nous sommes prêts à répondre à vos questions, en privé ou en public. Nous serons heureux de recevoir vos critiques, vos réflexions, et pourquoi pas votre adhésion au projet et votre soutien.
Dans l’entretemps, nous restons ouvert à tout échange constructif avec toute personne « sérieuse » qui affiche la même ambition que nous, dès lors que nous jugeons l’échange utile à la cause du peuple congolais. Ceci veut dire que nous nous réservons aussi le droit de décliner les invitations que nous aurons jugées sans objet.
novembre 20, 2010 à 6:08 |
Cher ami Serge Gontcho,
Chers amis de LPC,
C’est avec un coeur plein de joie que je viens de lire votre déclaration de candidature aux élections présidentielles de 2011.
La valeur de vos travaux y était apprécié depuis longtemps et je partage pleinement la décision de votre parti (le Leadership des Patriotes Congolais de la Nouvelle Génération -LPC-), celle de participer à tout le processus électoral de 2011: de la commune à la présidence de la république, en passant par les députations nationales et provinciales.
Des nouvelles responsabilités vous attendent mais comme je vous connais, vous aurez tôt fait de surmonter toutes les difficultés de début.
Vous êtes parmi mes préférés et comptez sur mon petit soutien.
Tous mes compliments et mes souhaits les meilleurs de pleine réussite.
Affectueusement à vous,
L.Bameni Damas